Photos de Bastien Casse

blanche, discrète et graphique.
Quand l’architecture et l’architecture intérieure collaborent finement, le résultat sonne comme une évidence. On entre dans le lieu, on pose les clés sur la table, on jette sa veste sur le canapé et on se sent comme chez soi. Et lorsqu’il s’agit d’une location de tourisme de courte durée, c’est drôlement bien vu que l’hôte se sente immédiatement comme chez lui. Telle était la mission confiée à l’agence Anagramme de Camille Josse et Justine Aït-Chadi par un couple de trentenaires. Transformer un T3 des années 1970 dans un immeuble du quartier Croix de Pierre à Toulouse en appartement « comme à la maison » pour de la location de tourisme. Et également : faire en sorte que le bien sorte du lot parmi toutes les annonces du marché. Et évidemment dans un budget contraint.


Insalubre, dans son jus, trop cloisonné, plus aux normes, passoire énergétique… Passé la première impression, l’architecte d’intérieur Camille Josse et l’architecte DE Justine Aït-Chadi estiment ensuite le potentiel. « Le plan de l’appartement post architecture moderne est tramé avec des murs en béton banché qui délimitent une succession de cellules baignées de lumière par de grandes baies vitrées », détaille Justine. Déjà s’esquisse le projet : les murs en béton sont à conserver et les cloisons alvéolaires du couloir à supprimer pour faire de l’entrée et du séjour un seul espace. Suivi par les clients, le binôme va proposer de laisser brut le béton des murs révélé au détapissage. La société Blanc Polaire les décroute et les ponce pour les rendre le plus brut possible. Surprise ! « Des inscriptions datant de la construction de l’immeuble en 1970 sont apparues sur le béton, se souvient Camille. Notes de calcul, croquis, trait bleu de niveau à un mètre… En hommage à la matière et à ses façonneurs, on les a laissées apparents. »

De quoi baigner de lumière le salon et la salle à manger. Table, chaises et banquettes avec coffres de rangement Ikea.

Pour créer un équilibre habitable, Camille a proposé une mise en couleur très peps, vitaminée et lisse, ainsi que des voilages blancs très légers, pour contrebalancer le béton froid, rugueux et lourd. On avance dans l’intimité de l’appartement avec les couleurs. Bleu profond pour une ambiance feutrée dans l’entrée puis avec des touches de couleurs dans le salon et la salle à manger. Ton bleu clair dans la cuisine, la circulation, la salle de bains et les WC. Jaune primaire dans les chambres, avec parures de lit vert et bleu et affiches graphiques pop. Par souci d’harmonie, tous les carrelages posés dans l’appartement sont issus de la même collection, seule la couleur change. Leur taille, en 10 x 10 cm, est un clin d’œil aux années 1970. Mais ici le carreau est à bord droit et sa couleur est mate, ce qui confère un style plus contemporain.
Pour respecter le budget des clients, le mobilier a été choisi pour l’essentiel chez Ikea, y compris la cuisine, ses équipements et le meuble de salle de bains, et quelques éclairages chez Leroy Merlin.


La mission d’Anagramme a commencé en février. Les premières esquisses, les propositions d’ambiance et de matériaux avec visites chez les fournisseurs, la visite de leur réseau d’artisans sur place pour bien comprendre le programme… conduisent à un début du chantier en mai. Électricité, plomberie, chauffage, isolation, peinture et sol, tout a été refait. La rénovation globale a compris la rénovation énergétique : isolation intérieure en laine de bois (12 cm d’épaisseur) des murs extérieurs, menuiseries en alu à double vitrage et radiateurs électriques à inertie. Le chantier a été livré fin septembre. Le temps de contractualiser avec une conciergerie, les clients viennent de proposer leur appartement à la location. Une affaire rondement menée.



L’agence du projet
Anagramme
Camille Josse est architecte d’intérieur, Justine Aït-Chadi est architecte titulaire du Diplôme d’État (DE). Ensemble, elles ont fondé Anagramme en 2020 après quelques années en indépendantes. Ce binôme, à la fois complémentaire et stimulant, est une véritable chance pour les projets qui leur sont confiés : des rénovations globales pour les particuliers pour l’essentiel, mais aussi pour les professionnels, 5 à 10 chantiers par an sur la région toulousaine. Chacune dans leur rôle, elles réfléchissent le projet à deux, se challengeant. L’objectif étant d’ouvrir les champs du possible pour le client pour ensuite progressivement construire le projet final. Un résultat qu’elles définissent comme esthétique et fonctionnel.
Plomberie, chauffage, ventilation, climatisation, carrelage Au Bain Toulousain (Marquefave, 31). Électricité Toulouse Climat (Mervilla, 31). Peinture Blanc Polaire (Launaguet). Fourniture sanitaires et carrelage Camille Tendance (Muret). Menuiseries extérieures Tekno-B (Castelmaurou). Plâtrerie, revêtement, peinture Coop’Action Fabrice Ortega (Ramonville-Saint-Agne).






