
J’ai toujours fait les métiers que j’avais envie de faire. » Chargée de clientèle dans une banque, sous-officier comptable dans l’armée de l’air, agent commerciale dans l’immobilier, chargée de communication et d’événements pour des bars et des restaurants… Le dénominateur commun à ce parcours pour le moins varié, Carole Litot l’a compris plus tard : « Lorsque je me suis lancée comme photographe, j’avais toutes les cordes à mon arc pour être cheffe d’entreprise. La négociation, la comptabilité, la communication… je connaissais. » La photographie, c’était un rêve d’enfant. « Plus jeune, je prenais les appareils photo argentiques des adultes et je photographiais la fumée d’une cigarette, un objet… Adolescente, j’étais attirée par le métier de photographe reporter et le monde du cinéma, notamment le métier de chef opérateur. Finalement je suis allée vers une voie plus sûre. »


Ce n’est que des années plus tard, que la photo va ressurgir dans sa vie. « Chez des amis à la campagne, un matin, très tôt, n’arrivant plus à dormir, je me suis levée et j’ai pris l’appareil et j’ai commencé à faire des photos. Puis j’ai enfilé un manteau, mis mes écouteurs et j’ai embarqué le chien pour une balade. Coupée du monde, j’ai photographié la nature. Mes amis ont trouvé mes clichés réussis. » Ce moment fait revivre en elle la passion enfouie. Si l’évidence est immédiate, devenir enfin photographe, c’est progressivement qu’elle va s’y consacrer. « De suite, je décide d’acheter un appareil semi-pro en me disant que j’apprendrai au fur et à mesure. Je commence par des photos de paysages en partant tôt le matin pour aller chasser cette lumière douce qui caractérise le lever de soleil. La lumière devient mon obsession. »

Puis, une rencontre déterminante : celle de Florent, lors d’une sortie découverte photo portrait. « Il me fait non seulement connaître le club photo de Fronton mais surtout il m’accompagne sur tous les shootings artistiques que j’ai en tête. Il m’aiguille sur le fonctionnement de l’appareil photo et le positionnement des lumières pour avoir le résultat que je souhaite. » La passion s’amplifie. Ses week-ends sont consacrés aux projets artistiques et à la photographie de lieux abandonnés. « En 2018, au vu de l’ampleur que la photo prenait dans ma vie, je décide de créer Be Yourself Photographie. » Pour propulser son activité, elle court les réseaux d’affaires et rencontre de nombreux entrepreneurs qui lui confient des photos d’entreprises.

Progressivement elle vient à l’architecture et la décoration intérieure. « Mes photos permettent à l’architecte de mettre en valeur son projet et de l’expliquer à ses clients. » Quelques années plus tard, nouvelle carte dans son jeu : la photographie culinaire. « Lorsque le chef a dressé son assiette, il y a une exigence. Nous avons des métiers exigeants. » Son métier, elle le voit se transformer. « Et il sera encore plus différent dans 10 ou 15 ans, assure-t-elle. La valeur de la photo, le moyen de la prendre, le traitement de l’image, sa diffusion… le métier évolue très rapidement. Les réseaux sociaux et l’IA le mettent à rude épreuve et cela pose évidemment la question du droit d’auteur. Il est capital de se renouveler. »
Rédaction de Frédéric Goudal et Photo portrait de Louna Petit et Jade Delchié.
