
« Je n’aime pas parler de moi, cependant je garde ce besoin vital de m’exprimer. Je me dévoile alors dans mes peintures. C’est mon langage. » Une langue que l’artiste plasticien a su perfectionner au fil des années avec près de 2000 œuvres à son actif, exposées lors d’une centaine de salons du Japon au Danemark en passant par Madagascar. Des chiffres astronomiques qui ne laissent nulle place au doute. La sincérité que l’Albigeois transmet à son œuvre, au moment d’apposer le pinceau sur sa toile, a su conquérir en dépassant les frontières. « On me dit fréquemment qu’on ressent les éléments présents sur mes créations. Mon public adore les couleurs, les contrastes et ce contrepied constant en dehors des règles, comme par exemple utiliser des teintes froides pour décrire un désert brûlant. »

« À un moment, il y a cette impression magique…l’œuvre prend vie ! »
Une évolution criante pour l’artiste qui, enfant, reproduisait des oeuvres d’artistes populaires : « Mon cousin vendait du matériel d’arts plastiques et parfois il m’en donnait. C’est ainsi que, dès l’âge de huit ans, je copiais à la peinture à l’huile des tableaux anciens. J’ai grandi dans un milieu propice à cela, ma mère avait fait les Beaux-Arts de Paris et mon grand-oncle était artiste peintre. Lorsqu’il peignait, je venais sur ses genoux et je le regardais avec une immense fascination. » Des années plus tard, l’étudiant parisien déterminé cumule des cours dans une école d’architecture et aux Beaux-Arts, des séances nocturnes à l’atelier Montparnasse et des allers retours à la Sorbonne. Un emploi du temps au rythme dantesque que le jeune adulte a su respecter grâce à un trait de caractère rare dans sa discipline : « J’ai la chance de ne pas répondre au cliché de l’artiste désorganisé. Je laisse une part de hasard dans la partie artistique mais dans la vie de tous les jours il est important que je sois organisé pour éviter au mieux la pression. »


Devenu par la suite professeur dans trois établissements d’Albi, l’ancien étudiant a transmis son savoir-faire à plus de 12 000 élèves. Une fierté qui a laissé place à l’aventure d’une vie : « Je voyage énormément car j’ai besoin d’être sur place pour créer. C’est moi, mon pinceau et mes cinq sens. Une fois le lieu idéal trouvé, je commence par une esquisse sur papier et je saisis les sensations qui me traversent en les interprétant à ma façon. De retour à l’atelier, je transpose ces émotions sur la toile. Et puis à un moment, il y a cette impression magique… l’oeuvre prend vie ! » Si le peintre septuagénaire a développé son talent par son travail, il a tenu à rappeler l’importance de certains collectionneurs désormais disparus, non sans émotions : « J’ai eu des grands amis qui m’ont accompagné et encouragé
dans mon parcours. Ils m’ont permis de savoir où se situait mon art et pour cela je les en remercie encore. »





